Le cas Air Canada : instigateur du bouleversement des modèles dans l’aérien

30 jan. 2010 | Posté par Aurélie Krau

L’industrie du tourisme est en constante mouvance. Nous avons choisi de nous pencher sur Air Canada et de voir en quoi la compagnie aérienne nationale canadienne est novatrice et influe sur le bouleversement des modèles de tarification et de distribution dans l’industrie.

La mise en place d’une nouvelle structure tarifaire sur le marché nord américain

Les mutations de l’industrie de l’aérien s’illustrent parfaitement à travers le cas d’Air Canada, qui est pionnière sur le marché nord américain. En 2006, la compagnie a introduit sur le réseau nord américain une nouvelle structure tarifaire, qui se veut simplifiée. La démarche de la compagnie est la suivante : donner la possibilité aux voyageurs de « customiser » leur réservation. La vente d’allers simples a été facilitée afin de ne pas obliger les clients à acheter un billet aller-retour qui ne leur convient pas, les restrictions de Minimum Stay ont été revues, à l’image de la Sunday Rule qui n’est plus appliquée, de même que la gamme tarifaire a été réduite à quatre classes : Tango, Tango +, Latitude, Affaires ; soit deux Economy, une Premium Economy, et une Affaires, comportant chacune des options spécifiques. Cette nouvelle structure permet l’upselling au même titre que le downselling et la souscription d’options complémentaires. Ainsi cette tarification se veut simplifiée… mais simplifiée pour qui ? Si, de prime abord, elle l’est pour les clients, ce n’est pas le cas pour la gestion de la distribution et l’intégration d’une telle flexibilité par les distributeurs comme les GDS. En effet, cela requiert des fonctionnalités particulières.

Une tarification qui remet en cause des canaux de distribution « traditionnels ».

Cela soulève des problématiques liées à la distribution, notamment pour les GDS. Ils reposent sur des systèmes peu souples (langage EDIFACT) qui ne s’adaptent pas facilement aux évolutions du marché et aux spécificités des producteurs. De plus, ces globalisateurs distribuent (jusque là) des tarifs « normalisés ».

L’adaptation de la distribution d’Air Canada : une compagnie novatrice… insufflant les prémices d’un nouveau business model ?

Air Canada s’est en premier lieu recentrée sur la distribution en direct, avec deux sites, l’un BtoB, l’autre BtoC, comportant la solution e-retail d’Amadeus en back office. La vente online en direct comptabilise entre 60 et 70 % des ventes domestiques de la compagnie, ce qui est considérable. D’autre part, dès 2006 et l’instauration de sa nouvelle structure tarifaire, Air Canada a développé une API, « AC2U », permettant aux distributeurs d’agréger l’intégralité de son offre « merchandisée »en liens directs. Les GNE et les SBT ont intégré AC2U très aisément, car ils reposent sur une technologie plus légère avec des systèmes plus souples, basés sur le langage XML, capables d’agréger l’offre non standard plus facilement. En 2007, après le refus successif d’Amadeus et de Sabre, elle a été intégrée par Travelport, qui a créé une application Desktop GUI nommée « Travelport Agencia », ce qui démontre la capacité des GDS à réaliser des développements « one to one », s’éloignant de leur offre en apparence rigide. Il convient de se demander qui va suivre ce modèle ? D’autant que Travelport Agencia, la solution développée pour distribuer l’offre d’AC, a été élargie à d’autres transporteurs…

2 commentaires sur “Le cas Air Canada : instigateur du bouleversement des modèles dans l’aérien”

  • [...] nécessaires pour proposer les tarifs déstructurés de la compagnie n’est pas chose facile. L’exemple d’Air Canada l’illustre bien : en 2006, la compagnie s’était mis à dos Amadeus et Sabre avec sa nouvelle [...]

  • [...] Canada a mis en place une nouvelle structure tarifaire, et a développé sa propre API (AC2U – lire l’article) permettant à ses partenaires de se connecter en direct à ses stocks. ITA (solution qui a donné [...]

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