Et si Google devenait le maître de l’e-travel ? (Partie 1)

26 sept. 2011 | Posté par Aurélie Krau

 

Le virage travel qu’a entrepris Google n’a échappé à personne. Le géant de la recherche sur le web est en train d’étendre son cœur de métier en proposant de puissantes fonctionnalités autour de la recherche de voyage sur le web.

Et si Google prenait le pas sur l’e-tourisme ?

Une perspective pas si improbable…

 

Une offre digne de celle d’un acteur de l’e-tourisme

  • La recherche cartographique et la comparaison de tarifs hôtels

Avec Google Maps, Google a mis un pied dans la recherche d’hôtel. Google Maps a permis la recherche cartographique d’hôtels. Il appartient à chaque établissement de se géolocaliser sur Google Maps. L’internaute peut accéder à l’offre de deux manière : par un clic sur la carte (chaque hôtel est représenté par un point) ou bien par les liens naturels (SEO) ou sponsorisés (SEM). Google Maps a également la capacité d’afficher le prix des hôtels depuis la page de résultats de recherche.

Avec Google Hotel Finder, la recherche d’hôtels est plus aboutie : le système propose les zones les plus touristiques de la ville, l’internaute peut obtenir non seulement les prix de la chambre sur différents sites web, mais également les informations clés de l’hôtel, une sélection de photos de l’établissement, de même que les avis d’internautes. En un clic, il est possible de réserver son hôtel grâce à une redirection vers une agence en ligne voire le site-enseigne de la chaîne/l’hôtelier (grâce à des liens sponsorisés). Tout comme un comparateur ou une agence de voyages en ligne le propose, Hotel Finder permet à l’internaute de faire sa propre sélection d’hôtels.

Pour en savoir plus, consultez un descriptif des fonctionnalités offertes par Hotel Finder.

Google a également fait évoluer la recherche cartographique avec Street View. La solution, basée sur Google Maps, permet d’explorer des lieux à l’aide d’images à l’échelle de la rue et à 360 degrés. La technologie Google Street View a été déployée par Expedia (site US) qui a baptisé ce service HotelView.

  • La recherche et la comparaison de vols

Avec le rachat d’ITA Software, Google a élaboré la solution Flight Search.  Le service (disponible qu’aux Etats-Unis pour l’instant) s’appuie sur Google Maps pour proposer une recherche « graphique ». Sa technologie permet d’afficher en moins d’une seconde les vols proposés sur le trajet sélectionné par l’internaute.

Tout comme le proposent les comparateurs du marché, ce service permet de sélectionner des aéroports de départ et d’arrivée, des dates, des prix maximum, des durées maximales, des compagnies en particulier et divers critères (direct ou escale…). Le service fournit également des statistiques sur l’évolution des prix en fonction de la durée de vol.

Sur le même modèle que la recherche d’hôtels, Google Flight Search redirige les internautes vers les sites marchands : agences de voyages en lignes ou site-enseigne de la compagnie aérienne grâce à des liens sponsorisés.

Notons qu’ITA Software est un acteur de taille sur le web américain. ITA fait partie de la famille des GNE (Global New Entrant) qui s’appuient sur des technologies web, et se sont émancipés après les années 2000 en tant que concurrents des GDS. ITA a notamment initié le ‘calendar search’ qui permet de rechercher le meilleur tarif sur une période (la recherche est basée sur un nombre important de calculs de possibilités, de routings, mais aussi la prise en charge des « unbundled fares » des compagnies aériennes qui pose quelques difficultés aux GDS. Il faut également savoir que 50 % de l’intégralité des réservations en ligne passent par la technologie d’ITA Sofware sur le marché US. Les compagnies majors ont adopté le moteur de réservation d’ITA sur leur site-enseigne: United Airlines, American Airlines, Continental Airlines…

Nous comprenons donc la position majeure de Google dans la recherche de vols sur la toile.

  • La recherche de location de vacances

En 2010, Google est entré dans le capital de Home Away (25 millions de dollars d’investissement), dont la filiale française est le site à succès de locations de vacances entre particuliers Abritel.

Si pour le moment aucun développement majeur n’a été annoncé après cet investissement, il semble évident que le groupe va booster ses performances et bénéficier de la technologie de Google.

Ils semblerait également que des convergences soient à venir avec la solution Hotel Finder décrite plus haut (offre hôtel proposée par Google).

Une offre de services intégrée pour verrouiller les internautes

Non seulement Google dispose d’un trafic conséquent, d’outils technologiques pointus avec son offre travel, de services annexes (messagerie…), d’une énorme réactivité, mais surtout d’une force de frappe considérable.

En partant de ces constats, Google se positionne en tant que mega-aggrégateur. Sa grande force est que son offre de services est non seulement globale mais aussi intégrée. Notons également que Google est capable de connaître les recherches effectuées par les internautes. Le potentiel est énorme, relayé par les améliorations en matière de résultats de recherche.

Tous les ingrédients semblent donc réunis pour verrouiller les internautes et pour que Google parte à la conquête de l’e-tourisme.

Pour aller plus loin…

Maintenant que vous connaissez l’étendue d’offres de Google, il convient de se demander quelles orientations seraient envisageables pour Google au vu de sa position dans l’e-travel qui se veut dominante. Quelles en seraient les conséquences pour l’industrie du voyage ?

Je vous invite à découvrir la deuxième partie de cet article pour partager des pistes de réflexion…

20 commentaires sur “Et si Google devenait le maître de l’e-travel ? (Partie 1)”

  • Bonsoir AURELIE
    Bravo pour votre article qui résume bien les dernières évolutions du volcan Google travel qui va un jour ou l’autre se réveiller… Tels des vulcanologues du etourisme nous avons tous mis des systèmes d’observation en attendant LA grande éruption ;)

    Vous ajoutez le rachat de Zagat à votre article et vous avez une vision globale du moment ;)

    Au plaisir de lire votre prochain billet

  • Mathieu Bruc dit :

    J’étais loin du compte en mars 2010 mais il y avait déjà des signes qui ne trompaient pas :-) http://www.blog-etourisme.com/.....ligne-1072

  • Merci Aurélie pour ce très intéressant billet.
    Ce survol, loin d’être superficiel, nous amène à reconnaître l’évidence. D’autres, auquel je me joins, pressentaient cette soif et ambition de Google, à venir croquer dans la plus grosse part du gâteau du commerce en ligne, celui du tourisme, couramment appelé etourisme. Et pour ce faire, Google détient les bonnes armes.
    Partant d’un vieux et bon principe du commerce, « rien n’est jamais gratuit », il faut bien se douter que tous ces magnifiques et extrêmement pratiques outils et services proposés par Google aux internautes, mobinautes et touristaunotes® (merci Pierre !), doivent un jour ou l’autre se monétiser et donc se rentabiliser.
    Jusqu’à présent, beaucoup de ces outils et services ne permettent qu’une mise en relation pour l’acte final, l’achat en ligne, sans que celui-ci soit sous l’égide du financeur de ces mêmes outils . La boucle sera bouclée, et Google touchera le Jackpot, dès lors que le dispositif permettra à Google d’être présent du début à la fin du cycle. C’est-à-dire, dès l’envie du voyage, la recherche d’une destination, d’un hébergement, des restaurants, des activités, leurs réservations, puis le règlement de son panier directement en ligne, comme si nous venions de consommer des biens matériels sur Amazon !
    Ce jour là est pour demain et sera un véritable séisme pour grand nombre de centrales et de prestataires du tourisme !
    Dans l’attente du plaisir de lire la seconde partie…

  • william el kaim dit :

    Google rachete depuis plusieurs mois de nombres moteurs de recherche et autres micro-sociétés de « travel » en europe.

    Il ne se passera rien de plus tant que les enquetes pour abus de position dominante ne sont pas terminées.

    En ce qui concerne Google Flight search, on doit admettre que Google a donné un coup de vieux à de nombreux sites de voyage et qu’il était temps que ca bouge. Hipmunk l’avait déjà fait l’année dernière et Expedia aussi bien avant. Les données sont les mêmes pour tous, elles viennent d’ITA. Chacun doit utiliser ses capacités de traitement pour proposer des interfaces intuitives sur les différents objets communiquants. Forunir la bonne information dans le contexte d’achat de l’utilisateur voila désormais l’objectif.

    Pour Hotel Finder, il faut indiquer qu’il utilise des sources de données principalement liées à la publicité … Donc pas d’exhaustivité et pas de disponibilité. j’adore l’interface, mais le nombre de property est bien limité.

    Mais pour Google ce n’est qu’un début … Google Plus et sa version « business » vont aller plus loin encore. Le social search sera la prochaine révolution chez google.

  • [...] Et si Google devenait le maître de l’e-travel ? (Partie 1) Source: kraukoblog.fr [...]

  • Aurélie dit :

    Merci beaucoup pour votre intérêt.

    @ Pierre: je tâcherai de mettre à jour l’article en y intégrant Zagat :) Effectivement ce rachat renforce la montée en puissance de Google et contribue à boucler une boucle en pleine expansion !
    Tout le monde est en alerte lorsqu’un géant particulièrement challenger s’attaque à un business qui est déjà bien en mouvement !

    @ Mathieu: très intéressant cet article sur Troogle, merci !
    Cela me confirme que nous avons en effet des réflexions communes: comment innover, comment maintenir l’intérêt de l’internaute avant, pendant et après le voyage ? Des problématiques sur lesquelles nous avons réfléchi également au travers de précédents posts.
    Et si Google devenait un moteur d’inspiration ? Cela fait partie des pistes de réflexion que je partagerai dans la seconde partie de l’article la semaine prochaine :)

  • Nelene dit :

    Nos surfs sur le web ne vont bientôt plus sortir de l’univers Google. Autant dire que le métier des promoteurs de destinations touristiques va grandement changer ces prochaines années

  • Aurélie dit :

    Merci beaucoup pour ces discussions très intéressantes.

    @ Regis: en effet Google est en train de verrouiller véritablement les internautes. Si pour le moment Google reste un intermédiaire/mega agrégateur qui redirige les internautes vers les sites marchands moyennant (grasse) rémunération, peut être que son business model sera voué à évoluer. En effet, son coeur de métier était la recherche sur le web, une évolution fulgurante a été propulsée par Google Travel qui est devenue une entité à part entière…

    @ William: il est vrai que le développement de Google ne se fait pas sans susciter certaines polémiques. De plus, avec des solutions plus matures et plus pointues, cela va permettre de mettre en place de nouveaux standards. Comme c’est souvent le cas, je pense que c’est de cette manière que les acteurs les plus forts et les plus novateurs se distingueront. Peut être même allons nous assister à une nouvelle consolidation du secteur.
    Dans tous les cas, je suis d’accord que la différence va se faire au niveau des front office et de la convivialité des interfaces, mais également sur la capacité de chacun à intégrer les médias sociaux et autres leviers pour appuyer la démarche globale.

    @ Nelene : en considérant que des browsers comme Mozilla Firefox proposent Google en tant que page d’accueil par défaut, cela vient appuyer le fait que Google souhaite devenir un point d’entrée de la navigation sur le web.

  • Julia dit :

    Bonsoir à tous,

    Je nuancerai un peu plus les propos sur le positionnement de « Google Travel ». Google ne peut techniquement pas devenir le super acteur du travel que l’on commence à imaginer à travers tous les services cités dans l’article parce que:
    – d’une part comme le souligne William juridiquement il est dans une position de dominance excessive;
    – d’autre part, même si la justice ne résout pas le problème, les autres gros acteurs du marché sont en train de réagir: Facebook et Apple qui font des partenariats, les géants du travel Nord Américain qui se regroupent (http://www.fairsearch.org)…;
    – enfin son business modèle n’a jamais été de vendre des voyages, mais plutôt de faire du cash en vendant de la pub et en proposant des services à la point du web à ses partenaires (=client BtoB).

    Je vois donc plutôt la situation comme celle d’un acteur qui innove trop vite par rapport à une industrie et qui pour s’assurer de pouvoir monétiser ses services à leur maximum marche sur les plates-bandes de ses futurs partenaires en leur montrant ce dont les voyageurs ont besoin et en bâtissant la technologie nécessaire à cela.

    Bon au passage, il est vrai que cela participe aussi à renforcer la position de dominance de Google pour le futur. Mais c’est là dessus qu’ils feront de l’argent, pas sur la vente de voyage en elle même.

    Enfin, c’est ma perception du sujet ;-)

  • Bonsoir Aurélie,
    Très bon article qui résume bien la situation ! Merci, on attend le suivant avec impatience. Comme l’indique Pierre Eloy, le rachat de Zagat est à surveiller de près … Il ne manque plus que du contenu qualifié à Google !

  • [...] Et si Google devenait le maître de l’e-travel ? (Partie 1) Source: kraukoblog.fr [...]

  • [...] Et si Google devenait le maître de l’e-travel ? (Partie 1) Source: kraukoblog.fr [...]

  • [...] une première partie, j’évoquais la montée en puissance de Google dans l’e-travel au travers d’une offre qui se [...]

  • [...] sites marchands accrédités. Alors que la firme de Mountain View est en passe de devenir “le maître de l’e-travel“, il semblerait qu’elle soit plus que jamais incontournable dans le [...]

  • [...] connecter en direct à ses stocks. ITA (solution qui a donné naissance à Google Flight Search – lire l’article) s’est positionné sur le territoire des GDS et propose aux compagnies aériennes des solutions [...]

  • Publier un nouveau commentaire

    Nom

    Email (ne sera pas publié)

    Site Web (facultatif)