Autopartage, libre-service : de nouveaux concepts qui impactent l’industrie du voyage

17 oct. 2011 | Posté par Julia Kowalczyk

Application mobile pour autopartage et voitures en libre serviceCovoiturage, autopartage, location entre particuliers, voitures en libre-service…  les possibilités de location d’un véhicule ne cessent de se multiplier. Ces nouveaux usages de la voiture sont influencés par les possibilités qu’offre la technologie (internet, les GPS, les smartphones…), notre sensibilité croissante à l’environnement et les nouveaux modes de consommations apportés par la génération Y (qui sont beaucoup moins intéressés dans le fait de posséder une voiture selon Forbes).

Mais vous me direz, où est le lien avec l’industrie du tourisme ? Ces nouveaux modes de consommation concernent plutôt les locaux, non ?

Oui et non, il est vrai que ces offres sont pour l’instant plus adaptées aux locaux, mais elles  impactent directement le secteur de la location de véhicules, modifient les comportements de réservation des conducteurs, leurs attentes et si on y réfléchit bien pourrait même être une opportunité pour générer de nouveaux revenus additionnels dans l’industrie du voyages. Voici donc quelques pistes…

La multiplication des business modèles dans le secteur de la location de voitures

En France, les systèmes d’autopartage se multiplient depuis le début des années 2000, plus d’une vingtaine d’agglomérations disposent de ce service. Et le concept est en train de devenir plus médiatisé et plus adapté aux besoins des conducteurs avec le système de voiture en libre-service Autolib’ que la ville de Paris est en train de mettre en place. Au niveau Européen on compte déjà plus de 200 organisations et le succès est également au rendez-vous en Amérique du nord.

Ces projets de partage de véhicules ont souvent été lancés par des agglomérations car elles ont plus de moyens pour financer  les coûts de lancement élevés et de la logistique nécessaire (exception faite de ZipCar): Auto’trement en Alsace, Liselec à La Rochelle, Autolib’ à Lyon, Marguerite à Nantes, Otolis à Poitiers, Mobilib à Toulouse, City Roul’ibre à Renne, Autocité à Besançon, Modulauto à Montpellier, CitéVU à Antibes…

North American Carsharing Members and Vehicles - Shaheen & Cohen 2010

Ces nouveaux services  empiètent directement sur une partie du business des loueurs de véhicules traditionnels, les obligeant à s’adapter. Ils ont donc mis en place (plutôt discrètement) plusieurs services similaires à plus grande échelle en mettant l’emphase sur des offres « one-way ».  Europcar a lancé Autoliberté en 2001, Enterprise lançait WeCar en 2005, Avis lançait Okigo en 2007 et vient de le renommer en Avis on Demand, Hertz avait Connect by Hertz en 2008 et vient  également de le rebaptiser Hertz on Demand, enfin Sixt propose une offre (DriveNow) depuis 2008 via une joint venture avec BMW.

Le Parisien - Location de voiture entre particuliersEt, à ces nouvelles offres, s’ajoute un nouveau paysage concurrentiel directement venu des concepts web 2.0 : la location entre particuliers. En France, on trouve déjà des acteurs de taille tels Buzzcar, Voiturelib’ et CityzenCar.

On assiste donc à une multiplication des business modèles dans le secteur de la location et à la venue de nouveaux acteurs. Et à la vu vue de ce que font les loueurs traditionnels, 2011 semble être une année beaucoup plus active (nouveau branding pour leurs services, campagnes de buzz, expansions internationales…) laissant présupposer que la demande est en forte hausse.

Des nouvelles opportunités de services pour les voyageurs

La location de voiture pour des courtes durées, en aller simple et à un prix attractif représentent un produit très attractif pour les voyageurs en transit. Ainsi, en complément des partenariats qui existent déjà souvent entre les loueurs et les transporteurs (compagnies aériennes et train), on peut imaginer de nouveaux combo comme :

Partenariat Herzt-Mariott pour une offre d'autopartage à l'aéroport de San FranciscoDes aires de stationnements d’autopartage directement dans les parkings des hôtels qui disposeraient ainsi d’une flotte immédiatement disponible pour leurs clients. Ou encore, les offices de tourisme pourraient également proposer ce type de service pour pouvoir promouvoir des sites plus éloignés qui ne justifient pas la mise en place de navettes ou que les voyageurs souhaiteraient découvrir en « intimité ».

Sur le segement du corporate travel, ces nouveaux services sont une aubaine. Ils pourraient permettre à la fois de réduire le parc de voitures de fonction de l’entreprise en incitant les collaborateurs à partager des véhicules (un nouvel acteur, Carbox vient de se positionner cette année sur le créneau). Et en même temps, avec des contrats globaux, ils pourraient permettre d’offrir des alternatives flexibles lors de déplacements professionnels pour rejoindre un lieu de rendez-vous depuis une gare, un aéroport, un hôtel… (une bonne alternative aux taxis si on a un GPS).

L’impact sur les habitudes de réservation

Enfin, ce n’est pas le point auquel on pense en premier, mais ces nouveaux modes de location de véhicules vont impacter les habitudes des conducteurs et donc potentiellement leurs futures attentes.

Application iPhone Zipcar: trouver, réserver et même déverouiller sa voitureAvant 2008 le voyageur acceptait d’attendre 24h pour avoir sa confirmation. Actuellement, il supporte encore 2 heures mais c’est le temps réel qui est en train de devenir la norme.

En terme de réservation et de localisation de la voiture, les nouveaux entrant misent beaucoup sur le mobile et la géolocalisation. Le voyageur s’y habitude et devient à l’aise avec la technologie. Et avec l’autopartage, le conducteur peut disposer de sa voiture rapidement, quasiment à n’importe quel moment et avec des formalités minimum.

Il faut donc s’attendre à ce qu’il exige le même service de la part d’un loueur de véhicules traditionnels lorsqu’il sera en vacances ou en déplacement professionnel. Et bien sûr, sans surcoût.

 

Pour conclure, voici quelques chiffres pour finir de vous convaincre que des mouvements se préparent dans le secteur: 15% des français n’ont pas de voiture (selon Buzzcar), la génération Y est la seconde génération en termes d’effectif après les baby boomers, et enfin 38% des français seraient prêts à utiliser l’auto-partage mais pas à partager leur véhicule (baromètre de la mobilité durable 2011).

2 commentaires sur “Autopartage, libre-service : de nouveaux concepts qui impactent l’industrie du voyage”

  • Claire dit :

    Merci pour ton article. J’avais à peine entendu parlé de l’auto-partage.

    Ça me fait penser au covoiturage que je pratique beaucoup, on n’est jamais sûrs à 100% que la personne sera là au rendez-vous.

    Du coup, je me demande si les intermédiaires ont trouvé une parade efficace pour que le « locataire » ne se retrouve pas sur le carreau au dernier moment.

    Ils mettent aussi certainement en place une charte d’utilisation (respect de la voiture, du code de la route … ) comme sur Airbnb depuis l’histoire de l’appartement saccagé.

    En tout cas, la tendance de partage et d’échange est vraiment intéressante. On voit de plus en plus d’articles dans la presse généraliste sur ces pratiques : signe que ça commence à entrer dans les mœurs.

  • Julia dit :

    Bonjour Claire,
    Merci pour ta participation.

    Oui, le web a permis le développent de modèles économique basés sur l’échange et pour fonctionner correctement, du même coup on voit une véritable économie de la confiance se développer (the trust economy).

    Le 100% n’existera jamais, mais avec les systèmes d’avis, tout comme on peut identifier un hôtelier qui triche, on peut rapidement éviter les mauvais membres. D’ailleur une des variables qui permet à ces sites d’échange de performer est la qualité de leurs membres, leur communauté.

    Pour ce qui est des chartes, je pense qu’elles sont importantes pour rassurer, organiser (car tout le monde n’a pas les mêmes règles de vie) et surtout pour protéger les membres au niveau juridique.

    En tout cas, au niveau partage de véhicules, je pense que c’est un concept qui va vraiment exploser dans les années à venir: on a la technologie (web/mobile), les mentalités s’y prêtent mieux (écologie, évolution du rapport à la posséssion…) et on a une offre diversifié.

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